Alors que les All-Blacks jouent en ce moment le meilleur rugby de la planète, difficile de pointer un joueur qui sortirait vraiment du lot.

 

Richie McCaw n’est pas une star en Nouvelle-Zélande, il est bien plus que ça. Il représente par bien des aspects les valeurs chères aux néo-zélandais, que ce soit sur ou en dehors du terrain. Sur cette terre jeune et pleine de contraste, on loue certes le beau jeu et l’habileté d’un Dan Carter mais on n’oublie jamais de saluer les travailleurs de l’ombre, s’acquittant de leur tâche sans broncher et avec une immense abnégation. Pour lui pas question de se mettre en avant, il doit avant tout être un exemple pour ses partenaires. Taillé pour le combat, excellent défenseur, il possède une habileté impressionnante balle en main, peut-être parce qu’il a d’abord joué n°8 durant ces jeunes années dans son université d’Otago. Sa vitesse et son endurance naturelle lui permettent en outre de « coller » au ballon et d’être toujours présent au soutien de ses partenaires. Toutes ces qualités font de lui le meilleur N°7 de la planète et contribuent à le rendre indiscutable.

 

Un capitaine charismatique

D’autant plus que ses prédispositions pour le leadership sont indéniables. Son charisme et son intelligence font de lui un capitaine écouté sur et en dehors du terrain comme l’étaient l’anglais Martin Johnson ou l’australien John Eales en leur temps. Il est en outre le parfait relais de ses entraîneurs auprès des joueurs et met son expérience au service du collectif. Son influence sur le corps arbitral et sa capacité à se jouer des règles agacent souvent ses adversaires. Richie McCaw assume et ne renie pas ses actes. Il confiait récemment : « je me dois d’être à la limite, tant que je ne mets pas mon équipe dans l’embarras. » Si les All-Blacks dominent aujourd’hui le rugby international, c’est aussi grâce à son influence et son implication de tous les instants.

Mais ce qui fait de lui un immense joueur est sûrement sa constance dans la performance. Rarement un joueur international aura joué à un tel niveau sur une période aussi longue. Depuis son premier capitanat en 2004, alors qu’il avait tout juste 23 ans, ses performances ont toujours été d’un niveau très élevé. Avec 85 matches disputés avec les All-Blacks pour 75 victoires, il n’est pas loin de rejoindre au panthéon du rugby néo-zélandais certains grands troisième-lignes ayant porté le maillot à la fougère argentée, tels Michael Jones ou Buck Shelford.

Pourtant, à bientôt 30 ans et malgré sa déjà longue carrière, son plus grand défi est encore devant lui. Ce sera de mener ses coéquipiers à une victoire lors de la prochaine Coupe du Monde et ainsi être à la hauteur de l’immense espoir que chaque néo-zélandais porte en lui, celui de voir les « boys » soulever le trophée Webb Ellis à l’Eden Park le 23 octobre 2011.

 

Yan Birre, correspondant à Auckland (NZ) pour Club XV