6 Nations : Ecosse-Angleterre, le nul de la frustration

Retour sur le match Ecosse-Angleterre pour le compte de la 4è journée du 6 Nations.

C’est un match chargé d’émotion qui était appelé à se disputer sur le mythique terrain de Murrayfield avec un air toujours parfumé par l’odeur des brasseries locales. En effet, l’ouvreur écossais Dan Parks fêtait sa 50ème sélection.

L’entame de match était équilibrée et très tactique avec du jeu au pied d’occupation très classique en début de match. 6ème pénalité pour l’Ecosse, faute au sol, réussie par Parks des 43 mètres (3-0). Les charges impressionnantes de Beattie, l'homme du match, faisaient mal à des anglais indisciplinés en ce début de match.

Domination Ecossaise

Mais à la 15ème minute, une  pénalité pour l’Angleterre pour une faute au sol était réussie par Wilkinson des 20 mètres sous les sifflets, attitude surprenante (3-3). Des  fautes anglaises répétées alors que les écossais envoyaient du jeu comme jamais vu dans ce Tournoi 2010, Parks concrétisait (6-3, 20ème°). Le fort pressing écossais dans les rucks était impressionnant  mais les ballons étaient  mal négociés derrière.

À la 31ème, les premières lignes s’accrochaient , l’Angleterre semblant prendre le dessus en mêlée,la pénalité réussie par Wilkinson des 38 mètres en moyenne position lui permettait de devenir le meilleur réalisateur de l’histoire du Tournoi (523 points), l’Angleterre revenait à hauteur même si l’Ecosse avait dominé territorialement ( 6-6).

Les écossais étaient impuissants à pénétrer la défense anglaise, une nouvelle tentative de drop désespérée de Dan Parks (34ème), les chœurs anglais retentissaient dans un Murrayfield ensoleillé mais glacé et inquiet….

Sur une belle combinaison écossaise après une mêlée, Dan Parks passait enfin un drop de 30 mètres (9-6, 40ème). Le score était  logique à la pause mais l’Ecosse n’avait que peu concrétisé sa nette domination

L'Angleterre prend la main

Dès l’entame de la seconde période, Jonny Wilkinson remettait les deux formations à égalité (9-9, 41ème). Le XV de la Rose avait visiblement été sermonné la pause, mettant d’emblée le XV du Chardon sous pression.

Wilkinson était touché sur un télescopage avec un coéquipier et devait laisser sa place à Flood, groggy peu après.

À la 50ème , Flood signait son entrée et l’Angleterre passait devant pour la première fois du match (9-12) Peu après, Parks ramenait les siens à hauteur (12-12), le chassé croisé continuait,  les écossais ne tenaient pas à laisser les Anglais s’installer en tête dans le match. Et Parks avait de nouveau l’occasion de replacer les siens en tête mais le poteau renvoyait la tentative du buteur local. L’Ecosse mettait la pression à l’orée de l’heure de jeu et la Rose était bien prête de craquer.

Sur l’action suivante, l’ailier Monye était évacué sur blessure après un  arrêt de jeu extrêmement long, le rythme du match baissait d’un coup, cet incident de jeu jetant un froid sur ce bras de fer bien décevant à ce stade de la rencontre. Un court moment de domination anglaise permettait à Flood de redonner l’avantage à l’Angleterre (12-15, 65ème), le suspense montait…..

De 49 mètres, en coin Parks avait rapidement l’occasion de ramener l’Ecosse à hauteur une nouvelle fois, le poteau de nouveau mais sous pression, les Anglais se mettaient encore à la faute,le carton jaune n’était plus très loin (15-15, 69ème). La Calcutta Cup n’arrivait pas à se décider, la course poursuite à vitesse d’escargots continuait.

La fin de match ressemblait presque à l’entame, très tactique, personne ne voulant se découvrir. Les cinq dernières minutes se présentaient avec un score de parité, l’Ecosse se mettait à la faute pour un tirage de maillot digne de l’école de rugby, Flood avait la gagne au bout du pied des 48mètres, sous la barre, cardiaques s’abstenir…..Flood avait encore la possibilité de far gagner les siens mais il manquait le drop des 40mètres, l’Angleterre conservait la Calcutta Cup au bénéfice de sa  victoire de l’an dernier et l’Ecosse évitait la cuillère de bois.

À une semaine du « Crunch » au Stade de France, l’Angleterre n’a pas montré grand-chose si ce n’est une solidité en mêlée qui promet face au pack de fer des Bleus.

Bernard Delample, CLUB XV