Montauban s’impose avec l’envie, le cœur et la manière.

Retour sur la dernière rencontre de cette 22è journée du TOP 14 entre Montauban et le Racing Métro 92.

C’est un match qui sentait la poudre à Sapiac samedi soir. D’un côté Montauban, qui voulait sortir de cette 13ème place synonyme de relégation, et rejoindre Montpellier (12ème, 42 pts) au classement, en cas de victoire bonifiée. De l’autre le Racing-Métro (6ème, 55pts), qui avait pour ambition de gagner chez les « verts et noirs », pour s’assurer un peu plus une place de barragiste, car Brive (7ème, 51pts), fort de son succès vendredi sur le Stade-Français, peut revenir.

Et ce sont des Montalbanais virevoltants que l’on voit dès le début du match, avec dès la 2ème minute, un ballon qui arrive jusqu’à Delasau sur une attaque de 80 mètres, mais le fidjien échappe le ballon devant la ligne parisienne.

Les Racingmens sont sous pression, la preuve avec ce ballon contré par Battut sur Goosen, bien suivi par Jahouer, lequel va aplatir à la 5ème minute seulement, essai transformé par Rosalen.

Ce coup de massue d’entrée ne réveille pas pour autant des Parisiens apathiques, fébriles derrière, et moins combatifs devant. Quand ils ne rendent pas le ballon au pied, ils l’envoient directement en touche.

Les Tarn-et-garonnais jouent intelligemment au pied, n’hésitent pas à relancer et profitent des fautes bêtes du Racing-Métro, pour porter le score à 13-0 à la 18ème minute, grâce à Rosalen par deux fois.

Il faut attendre 20 minutes de jeu pour voir les premiers points parisiens avec un drop de l’All Black Andrew Merthens, qui remplaçait Jonathan Wisniewski, blessé.

Le MTG continue d’attaquer, occupe le camp parisien, et score par trois fois, avec deux pénalités et un drop de l’ouvreur Cédric Rosalen, tandis que le Racing, sur deux incursions, font mouche deux fois. Deux pénalités de Merthens, pour un score de 22-9 à la mi-temps.

Changement total de physionomie en seconde période, sans doute du à la soufflante de Pierre Berbizier dans le vestiaire.

Cinq minutes seulement après le retour des vestiaires, Merthens joue un coup de pied par-dessus, dans les 22 mètres de Montauban, bien repris par Bobo qui pose le cuir sous les poteaux. Merthens transforme et ajoute un pénalité à la 54ème, symbole du réveil racingmen (22-16).

Les ciels et blancs envoient enfin du jeu, et occupent le camp montalbanais. Bien que Rosalen ajoute une pénalité (25-19), les gros commencent à souffrir du côté de Montauban, et font des fautes, d’où le carton jaune infligé au seconde ligne Boutaty. Sur la même action, ils perdent le talonneur Brice Mach qui quitte la pelouse sur civière.

A sept contre huit en mêlée, les montalbanais ne peuvent rivaliser et à la 63ème minute de jeu, Xavier Péchambert l’arbitre de la rencontre, file sous les perches suite à deux mêlée enfoncées par les Racingmens, dans les 5 mètres.

Mais les verts et noirs ne veulent pas mourir, et ne s’avouent pas vaincus. Dans la minute qui suit, Rosalen passe une pénalité, ce qui permet à Montauban de remettre la marche en-avant.

Les 10 000 spectateurs sont chauds et la cuvette de Sapiac se met à bouillir suite au drop de Cédric Rosalen (31-26), et rentrent en fusion avec l’essai du second centre Jean-Philippe Viard, transformé par leur impeccable buteur (38-26, 72ème).

Les Parisiens replongent dans le doute et leurs adversaires croient de plus en plus à la victoire, et au maintien.

Les hommes de Pierre Berbizier reprennent la foudre dans ces 10 dernière minutes, et concèdent un troisième essai par l’intermédiaire de Julien Laroque à trois minutes de la fin du match.

Suite à une mêlée à 5 mètres, il part petit côté et s’engouffre entre trois défenseurs parisiens, pour aller aplatir. Rosalen porte son score personnel à 30 points en transformant l’essai ( 45-26).

Un dernier baroud d’honneur de Saubade sur la sirène, qui va aplatir en coin, ne gâchera même pas la joie Montalbanaise. Score final 45 - 31.

Samedi soir, les stars parisiennes (Steyn, Merthens, Bobo), ont su que le cœur et l’envie du MTG XV vont les obliger à batailler jusqu’au bout. En allant à Albi, et en recevant Bayonne, les tarn-et-garonnais eux, ont de sérieux atouts pour s’en sortir.

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Alexandre Chazeau, Club XV